Gabriel
100% Chef d’atelier sérigraphe chez ALB

Le métier de sérigraphe s’apparente plus à celui de magicien que d’imprimeur… « Ça c’est bien vrai ça ! » aurait également dit la Mère Denis qui n’y connaissait que dalle.
De son lavoir elle ne jurait que par le plus blanc que blanc ne comprenant strictement rien aux milliers de couleurs qui l’entouraient et auxquelles elle aurait bien, « si elle aurait pu », donner un bon coup de karcher afin de retrouver cette espèce de virginité dont le blanc est souvent assimilé.
A tord car le blanc est surtout la couleur des sous vêtements et autres slips kangourous de nos grands pères, grands pères qui en connaissaient un bout en matière de reproduction abusive, et dont le mot « virginité » fait beaucoup sourire de là ou ils nous regardent…
"Imaginer la vie de toutes les couleurs"
Gabriel, justement (en bon disciple de ce que les grands pères ont fait de mieux… Nous y reviendrons !), n’appréciait pas trop les monochromes et préférait imaginer la vie de toutes les couleurs. Pour ce faire, rien de tel que de voir le monde. Curieusement, c’est en Irlande, pays celtique à deux teintes, le vert et l’orange (ou le roux) que sa quête de couleurs va le mener. Muni de sa cape « nuit étoilée », de son chapeau pointu duquel dépassait deux belles oreilles de Mickey, et d’une baguette magique (fausse bien sûr, mais personne n’a osé le lui dire…), le voilà arpentant les plaines du Connemara, lecteur de cassette dans la gibecière avec : Une cassette, une chanson, un chanteur : Michel Sardou…
"Il n’est pas venu enfiler des perles, il veut devenir S-E-R-I-G-R-A-P-H-E !!!"
Errant dans ces paysages infiniment verts et moutonneux aux confins de nulle part, il fini par taper à la porte d’un Maître sérigraphe. La première réaction de ce dernier, il va sans dire, est l’effroi ! Quel est donc cet être si brun de barbe de trois jours, calvitié, tanné comme un légionnaire et habillé de façon si rigolote ?... Gabriel, lecteur de cassette toujours à fond, ne comprend pas les paroles lancées par le Maître quand ce dernier, dont la pâleur de visage s’est muée en quelques secondes en Magenta profond, a eu le temps de saisir un crucifix qu’il brandit devant notre pauvre ami, avant de lui claquer la porte au nez… L’histoire aurait pu s’arrêter là, mais c’est mal connaître notre Gabriel… Il insiste ! Il n’est pas venu enfiler des perles, il veut devenir S-E-R-I-G-R-A-P-H-E !!! Que ce soit bien clair !
Il mélange, il malaxe, il crée...
La compassion faisant place à la peur, et ayant retrouvé son teint blafard d’origine, le Maître fini par accepter la présence de cet étranger chez lui. Et du travail, le Petit Scarabée (surnom donné aux apprentis) en plie, comme on peut dire. Le cœur à l’ouvrage, Gabriel s’éclate dans ce nouveau métier qu’il apprend à la sueur de son front et tout et tout… Les couleurs Pantone et les encres n’ont plus de secrets pour lui, il mélange, il malaxe, il crée... Parfois tard dans la nuit, quand l’irlandais éméché rentrait du pub, il pouvait entendre les cris de joies et les rires hystériques de notre ami quand ce dernier créait enfin la couleur voulue !! Et qu’il réussissait à transférer ces couleurs et dessins sur tous les supports qui lui passaient sous le pif !
Bref : L’apprenti est devenu sérigraphe !!!! Youpi quoi ! (En Irlande, il se rapporte d’ailleurs aujourd’hui que par grande tempête, quand la nature se déchaîne, l’on entende parfois dans les sifflements du vent son rire mixé de musique de Sardou… Ca fait froid dans le dos !!)
Le temps passant, il va sans dire que l’élève dépasse le Maître, et au bout de quelques années, Gabriel veut voir plus loin. Fini le « Connemara » et autres violonistes à tambourins !! « Aller plus Loinnnnnnnn ! Aller plus Hauuuuuuuuut ! » C’est la cassette de Tina Aréna qui désormais ne va plus quitter notre homme. Il n’a plus grand chose à apprendre, il doit s’élever et décide de reprendre la route… Il enfourche son vélo mais au bout d’une centaine de mètres se ravise : L’Irlande est une île et sa monture ne le mènera pas bien loin!!! Gabriel est intelligent ! Il prendra le bateau…
De retour sur le vieux continent...
Il a fait de sa passion son métier et attend l’opportunité de rallier sa terre promise, un autre pays celtique dans cette belle terre armoricaine qu’est la Bretagne ! Complètement à l’ouest qui plus est ! Rien de mieux pour y déposer gibecière et famille !! Il est aussi rassuré par le fait qu’en Bretagne, le « rouquin », hormis son appellation de mauvais Gwin-ru, n’apparaît que dans les clichés pour vendre du beurre… Et c’est enfin là que nos routes se croisent ! Gabriel déboule chez « A l’Aise Breizh ! ». L’atelier tout neuf l’y attend. Et en plus il est « chef » ! Direct !
"Question boulot, il envoie du pâté !"
Depuis quelques années maintenant, il dirige l’atelier et tout article imprimé passe entre ses doigts experts et ceux de sa fière équipe de djeuns auxquels il transmet son savoir. Une autre facette du personnage est aussi celle d’un recordman dans son style ! Nous vous disions plus haut qu’il était le disciple de la philosophie de nos grands pères ! Et ben c’est vrai hein ! Jamais au grand jamais nous n’avons vu quelqu’un d’autre enfiler autant de fois Jeannette à l’atelier. En effet, quand on enfile plus de 1000 fois Jeannette dans la journée, on a le droit au respect et à l’admiration de tous, des siens et des autres ! Question boulot, il envoie du pâté !
Enfin, Il est beau et il est fort et c’est comme ça qu’on l’aime notre chef D’atelier ALB !! Notre alchimiste des couleurs à nous ! En tout cas, désormais, plus personne ne pourra écouter Sardou sans une pensée pour lui … Et pour ça Gabriel va nous aimer, c’est sûr !... Bon nous on file, on a un métier…
NB : Afin de lui éviter les malentendus familiaux et de remettre à leur endroit les personnes qui ont les idées mal placées, nous tenons à rappeler qu’une « Jeannette » est un gabarit qui représente un buste plat sur lequel on enfile les tee-shirts et autres articles pour les sérigraphier. Bande de pervers! Bande de p’tits cochons pervers mêm’ ! Non mais oh !

